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Interstellar

Maintenant que le film est sorti, et que le premier week-end est passé, on peut vraiment en parler. Qui l'a vu ? Qu'en avez-vous pensé ? Attention, ça va SPOILER.

Le film contient de vraies très belles scènes, mais mon dieu, je suis encore le seul à me facepalmer sur l'introduction des "fantômes" en début de film ? Rarement vu quelque chose d'aussi prévisible dans un film de cette ampleur. Est-ce un problème de dialogues ? de narration ? Quoi qu'il en soit, il faut à peine quelques secondes pour comprendre que ces fameux fantômes ne sont rien d'autre qu'un Matthew McConaughey coincé dans une dimension/temporalité alternative. Certes, le film n'est pas constitué sur ce "twist", mais le fait est qu'une bonne partie des motivattions des personnages consiste à savoir qui sont ces fantômes. La fin en devient d'autant moins puissance, puisque cette information est réellement traitée en twist... alors qu'on avait compris depuis le début du film.

Dans le même genre d'idée, véritable embarra sur Matt Damon. Autant l'acteur est réellement bon, réussissant quelque peu à faire exister son personnage malgré l'aspect caméo de sa présence, autant le choix de casting est de prime abord problématique. Mais surtout, là encore, comment ne pas rester circonspect face une telle absence de prise de risque devant l'évolution du personnage. On a déjà vu Sunshine, on a déjà vu Mission To Mars, on a même vu Abysse. Nolan a voulou coller aux basques d'un cinéma dit classique, j'en conviens, et la récupération d'achétypes (pour ne pas dire stéréotypes) narratifs n'est pas surprenante, pourtant elles demandaient un traitement plus audacieux pour ne pas condamner le spectateur à une redite. On est ainsi coincé entre la volonté du cinéaste de créer un film somme, un anti-blockbuster se servant des idées introduites dans le cinéma de SF de ces trente dernières années pour les bousculer, les transcender; et une absence de distance, de prise de risque, accentuant une dychotomie importante entre les intentions et le résultat (qui, depuis ses Batman, régit le cinéma de Nolan). Il en est de même sur la forme, avec une réelle envie de proposer quelque chose de différent (la direction artistique des mondes, le filmage de l'espace), et un recours à une techique le ramenant au classiscme le plus pur (l'emploi du 70mm).

Plein de choses rendant Interstellar encore plus fascinant, comme cette comparaison inévitable avec la version qu'aurait dû réaliser Spielberg (dont on peut lire le scénario sur internet), infinimant plus excitante, mais n'enlevant en rien les formidables sensations qui ressortent de ces presque 3h de (grand ?) cinéma.

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Rôle : Critique de cinéma
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A la question, Interstellar, du grand cinéma ? Je réponds non. En revanche, qu'il propose quelques grands moments, je réponds oui. 

Moi qui suis en général fatigué par le côté cérébral et intello de Nolan, je ne savais pas trop à quoi m'attendre de ce film et j'y suis allé un peu par hasard (je me fichais un peu du film au départ, et je n'en avais vu presque aucun extrait). Et j'ai finalement plutôt apprécié, notamment pour deux raisons. 1, parce que la froideur habituelle des films de Nolan laisse ici plus de place à l'émotion, et il faut bien dire que certaines scènes sont vraiment poignantes dans ce film (le départ de McConaughey, le "vous avez 23 années de messages", ou l'apparition de Matt Damon). La deuxième chose c'est que Nolan semble avoir compris qu'une image forte peut avoir plus de puissance, et certains passages sont vraiment superbes visuellement. 

Maintenant, on retrouve à peu près tous les défauts typiques des films de Nolan, qui ont notamment été cités par Jordan. Je dirais même qu'il ne perd pas sa "capacité" à fatiguer le spectateur par des digressions très longues et techniques vite fatigantes, et qui surtout cassent le rythme du film. J'ai surtout en mémoire la scène où les astronautes retournent sur la base après avoir été sur la planète Miller, et découvrent que leur collègue a vieilli de 23 ans, alors qu'ils n'ont passé que quelques heures sur la planète. Il y avait de quoi faire une scène forte, et Nolan balaie le tout en deux dialogues pour repartir sur un truc genre "j'ai bossé sur les espace-temps...". 

Autre problème majeur, la multiplication des intrigues, qui fait que Nolan en balaie complètement certaines. Pourquoi introduire le trauma de l'accident de vol de McCaunoghey, si c'est pour ne pas l'utiliser après ???? Dans n'importe quel film de ce type ce serait un axe important du scénario et du personnage, pourquoi l'introduire si c'est pour ne pas l'utiliser ? Comme pour le personnage de Matt Damon, cette intrigue pourrait prendre un film complet, mais ça devait tenir en une demi-heure, donc la trahison de Damon ne passe pas, ça nous arrive comme ça, de façon brutale, pour expédier ce passage et avancer. Enfin, on comprend vite quel est son enfant préféré, entre son fils et sa fille. Certes, une relation se construit très vite entre McCaunoghey et Jessica Chastain enfant, mais de là à oublier complètement qu'il a un fils à la moitié du film, c'est un peu gros. 

Enfin, comme le dit Jordan, il est effectivement possible de capter au bout de quelques minutes le fameux twist du film (ça m'a rappelé, bien que totalement différent, Le Livre d'Eli, où j'avais capté en quelques secondes que Denzel Washington était aveugle, aalors qu'il s'agit du twist final). Je pense que ça fait partie des défauts de Nolan, à force d'être trop explicatif au début du film, on se dit que ça coule de source. De même que le "STAY" met la puce à l'oreille. 

Enfin voilà, c'est effectivement un film qui comporte son lot de défauts rageants, mais le spectacle et l'intensité émotionnelle du film font que, par petits moments, Interstellar propose du grand cinéma. Malheureusement pas sur les 2h50 du film.

Rôle : rédacteur
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Inscrit le : 04/01/2013 - 15:05

[quote=Snake]Pourquoi introduire le trauma de l'accident de vol de McCaunoghey, si c'est pour ne pas l'utiliser après ???? Dans n'importe quel film de ce type ce serait un axe important du scénario et du personnage, pourquoi l'introduire si c'est pour ne pas l'utiliser ?[/quote]

Justement, cet accident trouve son son écho lorsque le personnage de McConaughey est ejecté à la fin pour rejoindre le trou de ver. C'est pas subtile pour un sou, l'accident ayant tellement été rabaché au début.  La question qu'il faut se poser, est-ce que c'était utile de se perdre dans une intrigue supplémentaire pour qu'au final elle ne serve qu'à si peu ? C'est le grand problème des films de Nolan, qui a déjà parasité jusqu'à la moelle Inception et The Dark Knight Rises. 

J'ai lu le scénario que devait initialement réaliser Spielberg, et le constat est implacable. Le coté aventure spatiale a été complètement réduit (certes, il y a plus de planètes, mais on troque le coté space opéra pour une tonalité plus "scientifique"), les fantômes ont été rajouté (alors qu'à la base, il s'agissait de la boite noire de la navette, ayant traversé le temps, qui guidait McConaughey jusqu'à la base secrète de la NASA), et le personnage de Mann (vraiment subitle) remplace des robots chinois à la portée autrement plus "extraordinaire". Le film semblait accepter beaucoup plus son coté SF, alors que Nolan s'est apparemment débattu pour éliminer tout ce qui n'avait pas attrait à l'être humain. Dommage, j'aurai voulu voir cette version beaucoup plus fantasque et tragique.

[quote=Snake]Enfin, on comprend vite quel est son enfant préféré, entre son fils et sa fille. Certes, une relation se construit très vite entre McCaunoghey et Jessica Chastain enfant, mais de là à oublier complètement qu'il a un fils à la moitié du film, c'est un peu gros.[/quote]

C'est d'autant plus embêtant que el personnage de Casey Affleck ne sert absolument à rien. Encore pire, à la fin, lorsqu'il retrouve sa fille, il ne se pose même pas la question de savoir ce qu'est devenu son fils. Et pour un film cherchant tant l'émotion et l'être humain, c'est assez agaçant de voir McConaughey ignorer sa descendance, et ces derniers ne pas prêter attention à sa présence alors qu'il n'est ni plus ni moins qu'une icône (pour le coup, c'était peut être ici qu'il aurait fallut rajouter du pathos).

 

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