Critique : La Grande Aventure Lego

Réalisateurs du génial Tempête de boulettes géantes, qui ont déjà entrepris leur passage au live avec le très réussi 21 Jump Street, Phil Lord et Chris Miller avaient crée la surprise lorsqu’ils furent annoncés aux commandes d'un film Lego. Pourtant, après une première bande-annonce qui avait littéralement enflammé la toile, il fallait se rendre à l’évidence : Personne d’autre n’était mieux placé pour retranscrire la flamme créatrice propre aux petits bonhommes jaunes.

 

Rarement un tel objet marketing n’était parvenu avec une telle justesse à conjuguer la personnalité de ses auteurs, les attentes des différents publics et les volontés d’un studio. Car oui, La Grande Aventure Lego est bien la publicité grandeur nature attendue. Un placement de produit de plus d’une heure et demi sur lequel il aurait été facile de se révolter. Pourtant, en engageant les géniteurs de Tempête de boulettes géantes, ode à la créativité, merveille de direction artistique et de gestion rythmique et surtout emblème geek absolu, et en leur laissant carte blanche, la Warner s’est offert les meilleurs atouts possibles.

 

En 10 ans, la mutation observée sur l’image de marque qu’est Lego reste un cas unique dans l’histoire. Avec ses partenariats sur les plus grandes franchises et sa déclinaison en jeux vidéos, Lego avait dès lors annoncé fièrement le lien incassable qu’elle entretient avec le monde du cinéma, passant de jouets old-school à porte-étendard de la geekosphère. Et Lord et Miller semblent l’avoir compris, bénéficiant du coup de tous les personnages de cet immense espace franchisé. En créant un monde brillant et vaste, ils parviennent à donner vie à l’imaginaire des millions de joueurs de Lego. Les références à tout un pan de la pop culture et du cinéma trouve dès lors une entière justification et les deux réalisateurs de pouvoir pleinement profiter du potentiel créatif de leur nouveau joujou.

 

Calquant sa narration sur les grands récits d’aventure (et flirtant très souvent avec l’univers de Matrix), mettant en scène un vrai et grand personnage de cinéma qui semble être un complément direct au Flint Lockwood de TempêteLa Grande Aventure Lego jouit d’une rythmique en tout point remarquable, que ce soit dans l’utilisation d’un humour d’une rare intelligence ou dans des scènes d’actions dantesques qui bénéficient de l’éblouissante réussite technique de l’entreprise. A ce titre, il faut noter le phénoménal travail des textures et de l’animation qui parvient, par le biais de la synthèse et d’un travail 3D étonnant, à retrouver une dominante très 2D et old school (la stop motion n’est jamais loin). C’est très très beau et ça fourmille d’idées à la seconde.

 

Ainsi, si la surprenante dernière bobine risquera de faire grincer des dents certains alors que d’autres y verront l’ultime acceptation du potentiel cinégénique et créatif des Lego, le nouveau métrage de Phil Lord et Chris Miller est une réussite étincelante qui prouve que même la plus vaste entreprise commerciale peut ressortir grandit des mains de génies créatifs et sincères qui en ont compris les fondements.

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